Kinshasa - RD Congo : lundi, 30 novembre 2020 -

Information continue en RD Congo et dans le monde

Faune et Flore
Google se réorganise et devient «Alphabet» : 
Ne dites plus Google mais « Alphabet ». Toutes les sociétés du géant des nouvelles technologies seront désormais représentées sous ce nouveau nom. Alphabet devient la « maison-mère » de toutes les activités de l'entreprise américaine. L'objectif affiché de ses dirigeants est d'être plus transparents et plus inventifs. Avec notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio Lorsque Google devient « Alphabet », les fées de la finance se penchent sur le berceau de la nouvelle entité. Ce changement de nom marque une restructuration du géant des nouvelles technologies. Le monde entier connaît le moteur de recherche, la messagerie Gmail ou encore la pateforme de vidéos YouTube. Mais la société se diversifie en permanence avec certains produits que l'on n'associe pas forcément à Google, comme Calico qui travaille sur des médicaments contre le vieillissement ou la recherche contre le cancer. La dernière innovation du géant internet américain, la Google Car, la voiture sans chauffeur, est expérimentée en ce moment aux Etats-Unis. La Bourse salue cette annonce Google est donc une société en permanente évolution, et qui craignait de perdre en visibilité. C'est ainsi, expliquent les fondateurs, que l'idée d'Alphabet est née. L'objectif affiché de la direction en Californie est la transparence, qui doit permettre de rassurer le monde de la finance et d'attirer les investisseurs. C'est manifestement pari gagné. Car si cette annonce-surprise a été faite, comme c'est la tradition, à la fermeture de Wall Street lundi, le titre Google a bondi de plus de 7% après la clôture. Le nouveau Google conservera notamment le moteur de recherche, les activités publicitaires, YouTube, le système d'exploitation mobile Android, les cartes Maps ou encore Gmail. Les activités annexes, plus éloignées de son cœur de métier comme Calico ou Nest (objets connectés), seront elles regroupées au sein d'Alphabet. La holding Alphabet sera dirigée par Larry Page, le co-fondateur et directeur général actuel de Google qui cèdera sa place à l'actuel vice-président du groupe Sundar Pichai. Et elle sera cotée en Bourse en lieu et place de Google. Avec RFI.fr
(mardi 11 aot 2015.)
Le titulaire d'un compte Facebook peut désormais choisir un e-héritier : 
Facebook annonce ce 12 février 2015 le déploiement d'une nouvelle fonction : celle-ci permet aux membres du réseau social de désigner une personne qui sera chargée de gérer leur compte après leur décès.   Cette fonction, Legacy Contact, n'est pour le moment accessible qu'aux Etats-Unis mais Facebook va la déployer petit à petit dans d'autres pays. Elle apparaît dans la partie sécurité des paramètres du compte et permet de choisir un contact qui « héritera » dudit compte. Cette personne peut être un membre de la famille ou un ami, peu importe. Une fois désignée, elle sera avertie par un message et devra donner, ou non, son accord.   Dès que Facebook sera averti du décès d'un de se membres, sa page sera transformée en mémorial et l'expression « Remembering » (en souvenir de) apparaîtra au-dessus du nom du titulaire du compte. Son contact désigné pourra alors y épingler un dernier message en haut de sa Timeline, accepter de nouvelles demandes « d'amis », mettre à jour les photos de profil et de couverture.   Il ne pourra en revanche pas se connecter comme le titulaire de la page et voir ses messages privés. Enfin, si le titulaire du compte l'y autorise, le contact « héritier » pourra aussi récupérer une archive de tout ce qui aura été partagé sur ce compte Facebook (photos, messages et contenu du profil).   Cette nouvelle possibilité s'ajoute à ce que proposait déjà Facebook : à savoir la suppression pure et simple du compte ou sa transformation en mémorial.   @01net.com
(jeudi 26 fvrier 2015.)
Microsoft Word et Powerpoint accessibles gratuitement depuis les mobiles : 
Microsoft a annoncé jeudi la mise à disposition gratuite sur les smartphones et tablettes d'une version allégée de ses produits vedettes, la suite Office regroupant le traitement de texte Word, le tableur Excel et les présentations PowerPoint. L'ouverture d'Office à l'écosystème du grand rival Apple avait été l'une des premières grandes ruptures imposées par le nouveau patron du groupe informatique américain, Satya Nadella: une application Office pour la tablette iPad avait été lancée fin mars. Payer pour des fonctionnalités élargies uniquement Son utilisation nécessitait toutefois jusqu'à présent le paiement d'un abonnement à Office 365, la version dématérialisée en ligne de la suite de bureautique.L'application mobile d'Office sera désormais utilisable gratuitement, même si Microsoft souligne dans l'un de ses blogs officiels que l'abonnement à Office 365 permettra d'accéder à «des fonctionnalités d'édition et de collaboration élargies, un stockage illimité sur OneDrive, une intégration avec (le service de stockage en ligne concurrent) Dropbox et une série d'autres avantages». Une version adaptée à l'iPhone L'abonnement reste également nécessaire pour utiliser les logiciels d'Office sur un ordinateur classique. Outre l'application pour iPad qui, selon Microsoft, a déjà été téléchargée plus de 40 millions de fois, une version adaptée à l'iPhone d'Apple est également lancée jeudi.Microsoft promet aussi pour l'an prochain une autre application Office pour les tablettes de diverses marques utilisant le système d'exploitation Android de Google, ainsi qu'une version optimisée pour son prochain système d'exploitation Windows 10. Plus d'un milliard d'utilisateurs Microsoft revendique plus d'un milliard d'utilisateurs dans le monde pour Office, qu'il vendait traditionnellement sur supports physiques (disquettes, puis CD) mais qu'il s'efforce de plus en plus de proposer sous forme d'abonnement en ligne (Office 365) car cela représente une source de revenus plus régulière (Avec 20minutes.fr)  
(samedi 08 novembre 2014.)
L'ambitieux projet anti-cancer de Google : 
Pour permettre de diagnostiquer le cancer avec précision, le géant internet américain Google a dévoilé mardi un nouveau projet de recherche. Il sera question pour une équipe de scientifiques d'étudier la possibilité d'utiliser les nanoparticules dans la détection de la maladie. "Les nanoparticules pourraient être ingérées sous la forme de comprimés afin de pénétrer dans le sang," explique la firme américaine dans une note de présentation du projet. "Elles seraient conçues pour repérer et se fixer sur un type particulier de cellules, comme les cellules tumorales." L'étape suivante, le diagnostic à proprement parler, consistera à associer les nanoparticules ingérées "à un objet connecté équipé de capteurs spéciaux". Selon les précisions de Google, différentes techniques de transmission non invasives, comme les ondes radio ou lumineuses, sont étudiées dans le cadre de la recherche. "Nous proposerons la technologie sous contrat de licence à des partenaires, afin qu'il développent des produits dont l'efficacité et la sécurité pourront être testés lors d'essais cliniques", indique encore le groupe américain. Le projet est piloté par "Google X", la branche du géant internet travaillant sur des projets futuristes comme les voitures sans chauffeur (Google Car), les lunettes interactives (Google Glass), ou le projet Loon utilisant des montgolfières comme relais internet. (Avec BBC)
(mardi 28 octobre 2014.)
Le nom de domaine "Ebola.com" vendu pour plus de 170 000 euros : 
Le malheur des uns fait le bonheur des autres. L'épidémie d'Ebola a permis aux propriétaires du nom du site internet Ebola.com de réaliser une belle opération financière en revendant leur nom de domaine pour plus de 200 000 dollars (170 000 euros), vendredi 24 octobre. Le vendeur du nom Ebola.com est l'entreprise Blue String Ventures, basée dans le Nevada, qui se décrit comme une société investissant dans des noms de domaine et de marques sur internet. L'acheteur est une société établie en Russie, appelée WeedGrowthFund, connue auparavant sous le nom de Ovation Research.  Le site Ebola.com contient des articles sur la maladie et des réponses aux questions les plus fréquentes sur la fièvre hémorragique qui a causé la mort de près de 4 900 personnes depuis le début de l'année. La société a déboursé 50 000 dollars (40 000 euros) en liquide, ainsi que 19 192 actions de la société Cannabis Sativa, qui promeut l'usage médical de la marijuana, pour un montant de près de 170 000 dollars (134 000 euros). Les raisons derrière la vente du nom de domaine ne sont pas connues, mais le patron de Cannabis Sativa, l'ancien gouverneur du Nouveau-Mexique GaryJohnson, a déclaré publiquement penser que le cannabis pourrait être utile dans les traitements pour soigner le virus de la fièvre hémorragique. (Avec francetvinfo)
(samedi 25 octobre 2014.)

Un an après la défaite de la rébellion Mouvement du 23 mars (M23) dans l'est de la République démocratique du Congo, la non satisfaction de ses grandes revendications fournit un terreau fertile pour la naissance d'un nouveau groupe armé, estiment des analystes.

"Le M23 n'a pas été démobilisé mais il a été repoussé. Par conséquent, il reste une force qui peut faire son retour avec l'assentiment des voisins ougandais et rwandais quand bon leur semblera", avertit Thierry Vircoulon, du cercle de réflexion l'International Crisis Group (ICG).

"L'échec éventuel du désarmement des FDLR (rebelles hutu des Forces démocratiques de libération du Rwanda, dont des membres ont participé au génocide des Tutsi au Rwanda en 1994) pourrait être un argument de plus" pour une guerre, ajoute un analyste politique congolais, sous couvert d'anonymat.

Le M23 est né en mai 2012 dans la province du Nord-Kivu (Est) sur les cendres de rébellions essentiellement tutsi-congolaises qui se sont succédées depuis la deuxième guerre du Congo (1998-2003), et dont les éléments ont par la suite été intégrés dans l'armée.

Selon l'ONU, le M23 était soutenu par le Rwanda et l'Ouganda, qui s'en défendent. Le 5 novembre 2013, le groupe rebelle a été vaincu par l'armée et la Mission de l'ONU (Monusco), marquant une victoire historique pour une armée congolaise d'habitude réputée pour son indiscipline.

Des déclarations de paix ont été signées en décembre 2013 à Nairobi: Kinshasa a promis de résoudre des problèmes posés par le M23 et de voter une loi d'amnistie excluant les crimes de guerre et crimes contre l'humanité, qui concerne jusqu'à présent quelques centaines d'ex-rebelles M23.

La lutte contre les FDLR et le retour des réfugiés tutsi-congolais - ayant fui l'hostilité de la population locale qui, malgré leur présence dans la région depuis des générations, les considèrent souvent comme des Rwandais ou les accusent d'être à la solde du régime de Paul Kagame- comptent parmi les principales revendications du M23.

Mais alors que les FDLR ont un nouveau sursis - jusqu'au 31 décembre - pour se rendre, le retour de réfugiés piétine dans cette région densément peuplée et riche en minerais convoités, où la faiblesse de l'Etat favorise un cycle de conflits économiques inter-communautés souvent vieux de plusieurs générations.

Les raisons ayant "officiellement" motivé la création du M23 - "les FDLR, le retour des réfugiés Tutsi congolais, la mauvaise gouvernance, le non respect des accords par le gouvernement" - "sont intactes à ce jour", pouvant motiver une réorganisation, observe l'analyste congolais.

Lors de la chute du M23, 1.300 rebelles ont fui en Ouganda et quelques centaines au Rwanda. Kigali et Kampala disent avoir désarmé et cantonné les rebelles. Et en tant que signataires de l'Accord d'Addis Abeba de février 2013, ils ne doivent pas soutenir de groupe armé dans l'est congolais.

Cependant, la société civile affirme qu'une "réorganisation des éléments ex-M23, en perspective de prochains assauts", est en cours. Pas de preuves concrètes, répond la Monusco, forte de 20.000 hommes surtout déployés dans l'Est, où des groupes armés sévissent pour des raisons ethniques, économiques et foncières depuis parfois 20 ans.

"A long-terme", une réorganisation est possible "en cas d'échec de ré-intégration sociale, économique et politique", commente pour sa part l'analyste Christoph Vogel. Afin de prévenir tout risque, le député Juvénal Munubo Mubi, membre de la Commission défense et sécurité à l'Assemblée nationale, préconise entre autres d'"accélérer le DDRRR (désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinstallation), renforcer la présence de l'armée à l'Est".

Pour Bertrand Bisimwa, président politique du M23, en exil en Ouganda, la réorganisation du M23 est un faux débat: "Il faut s'inquiéter du refus du gouvernement de respecter ses engagements" et se demander pourquoi il "veut toujours garder une porte ouverte à ses citoyens pour une réclamation forcée".

François Muamba, coordonateur du Mécanisme national de suivi (MNS) des Accords d'Addis-Abeba, une structure officielle congolaise, refuse de "polémiquer" sur ces allégations. "Nous savons très bien qu'il y a un agenda, qui n'est pas un agenda de la paix", a-t-il souligné, sans plus de précision.

Il accuse par ailleurs le M23 d'avoir esquivé plusieurs réunions d'évaluation, mais espère sa présence les 7 et 8 novembre à Kinshasa, où le MNS et le M23 doivent faire le point en présence d'envoyés spéciaux internationaux - dont Saïd Djinnit, représentant spécial de l'ONU pour la région des Grands Lacs.

AFP

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jeudi, 09 octobre 2014 18:32

L’ONU accuse le M23 de crimes

La mission de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC) accuse l'ancien groupe rebelle, le M23 de meurtres et de viols.

Selon un rapport rendu public jeudi, le M23 aurait tué et violé près de 300 personnes.

Selon les chercheurs de l’ONU, les rebelles du M23 ont tué au moins 116 personnes, et violé 161 femmes et jeunes filles entre avril 2012 et novembre 2013.

Les autorités locales qui ont refusé de collaborer avec les rebelles ainsi que les jeunes qui ont résisté à l'enrôlement forcé ont été particulièrement visés.

Beaucoup d’épouses de militaires ont été victimes d'abus sexuels.

L'ONU demande au gouvernement congolais d'enquêter sur ces crimes et de s'assurer que les responsables soient traduits en justice.

Le groupe armé a été vaincu par l'armée congolaise soutenue par les troupes de l'ONU en novembre 2013.

Plus de 200 ex-rebelles du M23 ont bénéficié d'une loi d'amnistie adoptée en février 2014, beaucoup d'autres sont encore dans des camps au Rwanda et en Ouganda.

Aucun des dirigeants du groupe n’a été traduit en justice.

Plusieurs rapports précédents des Nations unies ont indiqué que le M23 a bénéficié du soutien militaire et financier du Rwanda.

Le Rwanda a toujours nié tout soutien au mouvement rebelle.

(Avec BBC)

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Seule la liste des bénéficiaires déterminera s’il y a eu violation de la loi sur l’amnistie. Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, l’a déclaré jeudi 27 mars dernier, en réaction au communiqué publié la veille à Kampala et signé par Benjamin Mbonimpa en tant que secrétaire exécutif du M23.

Ce document indiquait que des cadres de l’ex-mouvement rebelle qui avaient décidé de rentrer en RDC pour bénéficier de la loi d’amnistie, ont été arrêtés par les services des renseignements. Selon le communiqué de l’ex-M23, huit de ces cadres ont été arrêtés à Goma (Nord-Kivu) et deux à Kinshasa.

es responsables de l’ex-mouvement rebelle dénonçaient aussi une tentative de monnayage de la mise en liberté de ces cadres faits prisonniers et bénéficiaires, selon eux, de la loi d’amnistie promulguée par le chef de l’Etat. Ils estimaient qu’il s’agissait là d’une violation des engagements pris par la gouvernement à Nairobi, au terme des pourparlers de paix entre Kinshasa et l’ex-rébellion.

La réaction du gouvernement n’a pas tardé. De son côté, le porte-parole du gouvernement a préféré attendre la publication de la liste des bénéficiaires avant de se prononcer sur une éventuelle violation de la loi sur l’amnistie.

«Peut-être faut-il nous dire de qui il s’agit. Est-ce que ces gens-là ne font pas partie de la centaine, clairement identifiée comme non amnistiable ? Est-ce qu’ils ne sont pas poursuivis par des sanctions internationales?», s’est-il demandé Lambert Mende.

Dans tous les cas de figure, le ministre Mende a estimé que le M23, étant dissous, n’avait plus le droit de s’exprimer en son nom: « Si vous m’aviez dit qu’il y a des avocats ou des membres de la famille de ces dix personnes qui auraient été arrêtées, qui ont développé un argumentaire contre cette arrestation, j’aurais compris. Mais, le M23, ça sort d’où ? Je pensais que le M23 avait signé à Nairobi qu’il n’existait plus. Donc eux-mêmes seraient autorisés à violer leurs engagements?»

C’est depuis le mois de février 2014 que le chef de l’Etat, Joseph Kabila, a promulgué la loi sur l’amnistie pour faits insurrectionnels, faits de guerre et infractions politiques, quelques jours après son adoption au Parlement. Cette amnistie couvre la période du 18 février 2006 au 20 décembre 2013.

A noter que le gouvernement s’était engagé à promulguer cette loi dans la déclaration signée pour clôturer les pourparlers de Kampala avec le M23.

Kinshasa, le 30/03/2014 (Le Potentiel via Aucongo)

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L'ex-rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) a exprimé son indignation à la suite des arrestations arbitraires, suivies de la détention illégale de ses cadres qui rentrent au pays au bénéficie de la loi d'amnistie votée au Parlement et promulguée par le chef de l'Etat, selon un communiqué parvenu jeudi à Xinhua.
 
Selon ce communiqué, des cadres du M23 qui rentrent au pays ont été mis aux arrêts par les services des renseignements du pays, respectivement au mois de février et plus récemment le 15 mars à Goma, pour avoir appartenu au M23, pendant que les faits dont ils sont accusés sont considérés comme n'ayant jamais existés au terme de la loi d'amnistie en vigueur.
 
"Nous exigeons la libération immédiate et sans condition des nos cadres arrêtés à Kinshasa et à Goma ainsi tous les détenus sur la liste remise au gouvernement en fonction des engagements pris à Nairobi", a déclaré le M23 dans ce communiqué, ajoutant que "ces détenus doivent être remis au Comité internationale de la Croix rouge (CICR).
 
Ce mouvement dénonce par ailleurs les manoeuvres frauduleuses autour des dossiers judiciaires de prisonniers membres du M23 qui, dit-il, devaient être immédiatement libérés en fonction de liste présentée au gouvernement conformément aux engagements du 12 décembre 2013 à Nairobi.
 
 
Kinshasa, le 28/03/2014 (Xinhua via Aucongo)
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La loi d’amnistie sur les groupes armés, adoptée début février, est fortement décriée par les ONG qui dénoncent une « prime à l’impunité » alors que les rebelles attendent une « amnistie totale».

Le 11 février 2014, le président congolais, Joseph Kabila, a promulgué la loi d’amnistie « pour faits insurrectionnels, faits de guerre et infractions politiques» . Cette amnistie couvrira la période du 18 février 2006 au 20 décembre 2013. Un calendrier qui bénéficiera à l’ex-rébellion du MLC de Jean-Pierre Bemba, en passant par le mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo (BDK), aux miliciens sécessionistes katangais Maï-Maï Bakata Katanga et bien évidemment aux rebelles du M23. Plusieurs crimes sont exclus de l’amnistie, comme les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre ou les violences sexuelles.

Indispensable pour stabiliser le pays

Pour les autorités congolaises, cette loi répond tout d’abord à l’un des engagements que le gouvernement avait pris lors de la signature de la déclaration marquant la fin des pourparlers de Kampala avec les rebelles du M23. Depuis la défaite de la rébellion, en novembre 2013, un peu plus de 1500 ex-M23 attendent en Ouganda et 200 se trouvent dans les camps de démobilisation du gouvernement. « Cette loi est indispensable pour stabiliser l’Est du pays, c’est la condition sine qua non » explique François Muamba, le coordonateur du mécanisme de suivi des accords d’Addis-Abeba. « Les prétendants à l’amnistie ont six mois pour s’engager personnellement, par écrit, sur l’honneur, à ne plus commettre des actes qui font l’objet de la présente amnistie» . Du côté de la communauté internationale, on se félicite de ce « signal positif » et de cette « réalisation historique« . Mais un certain malaise entoure cette loi à Kinshasa.

« Une prime à l’impunité »

Dans un pays caractérisé par le « recyclage systématique » dans la vie politique d’ex-rebelles ayant bénéficié de « plusieurs décennies d’impunité» , la loi consacre « la banalisation des crimes et autres graves violations des droits de l’Homme» , dénonce  le Réseau national des ONG des droits de l’Homme de la RDC (Rhenadoc). « Cette loi crée une jurisprudence » tonnent d’autres ONG et donne « une prime de guerre à ceux qui tuent, pillent et violent sur son sol» . Idem pour la Voix des Sans Voix (VSV), qui regrette que l’amnistie ne concerne visiblement pas certains prisonniers politiques. L’ONG cite le cas du pasteur Kutino, incarcéré depuis 4 ans, du député Muhindo Nzangi « condamné pour avoir critiqué le gouvernement » ou d’Eugène Diomi Ndongala. François Muamba, interrogé par Afrikarabia, affirme « comprendre l’émotion que peut susciter cette amnistie» , mais explique que contrairement aux autres accords de paix, « il n’y a pas d’amnistie en bloc des rebelles, mais une amnistie au cas par cas et individuelle» . Concernant les hauts responsables du M23, « 200 à 300 personnes » selon François Muamba, « ils sont tous concernés par des sanctions internationales et coupables de crimes de guerre, et ne sont donc pas éligibles à l’amnistie» .

« Une loi arbitraire »

L’ordonnance du 11 février explique que la loi d’amnistie « ne porte pas atteinte » au processus de réparation en justice que pourrait lancer les victimes. Des arguments qui ne rassurent pas vraiment maître Hamuly Réty, qui prône la création d’un Tribunal pour les crimes commis en  RDC. « C’est une énième fausse bonne idée» , note l’avocat, « cette loi sera inapplicable car elle repose sur l’arbitraire. Qui va décider de qui a fait quoi pendant le conflit ? Qui a violé ? Qui a pillé ? Ce ne sont pas aux politiques de décider, mais plutôt à la justice« . Hamuly Réty craint que ce processus ne serve qu’à « blanchir les membres du M23 qui entreront dans le futur gouvernement d’union nationale promis par Joseph Kabila» . Un nouveau gouvernement, qui selon nos informations, devrait voir le jour avant la reprise de la session parlementaire du 15 mars prochain.

« Amnistie totale » ?

Tous les regards se tournent maintenant vers les ex-M23, pour qui, cette loi semble avoir été taillée sur mesure. Contacté par Afrikarabia, un responsable de l’ex-rébellion attend patiemment la liste des personnes éligibles pour l’amnistie et espère que « le gouvernement tiendra ses engagements« . Concernant les critères de l’amnistie, ce responsable est assez clair : « ce que nous demandons, c’est une amnistie totale, du simple caporal à Sultani Makenga » (le chef militaire du mouvement, ndlr). Une demande qui contraste avec l’ordonnance du 11 février qui prône au contraire une amnistie « sélective». Une crainte qui « inquiète » le patron du M23, Bertrand Bisimwa, qui redoute l’exclusion des chefs rebelles de la loi d’amnistie : « nous sommes dans un pays de droit. Les principes des droits veulent que des personnes qui sont accusées et font objet des soupçons ne soient pas sanctionnées avant que leur culpabilité ne soit prouvée».

Que fera Joseph Kabila ?

Une chose est sûre, les risques de nouvelles tensions sont grandes  entre ex-rebelles et gouvernement. Les choix pour Joseph Kabila sont tous délicats : accepter l’amnistie générale le mettrait en porte-à-faux avec son opinion publique, alors que faire une amnistie sélective risque de lui attirer les foudres des rebelles exclus… les dilemmes sont les mêmes concernant un gouvernement d’union nationale avec ou sans M23. Le président congolais devra donc trouver la délicate combinaison pour ménager les rebelles en donnant des gages à son opposition et ouvrir sa majorité. L’équation est  complexe, mais Joseph Kabila en a maintenant l’habitude.

Kinshasa, 01/03/2014 (Afrikarabia via Aucongo)

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vendredi, 14 février 2014 01:26

Loi d’amnistie : un chèque à blanc au M23

Pour passer l’éponge sur des faits de guerre ou insurrectionnels commis entre 18 février 2006 au 20 décembre 2013, la RDC a promulgué depuis le 11 février 2014 une nouvelle loi d’amnistie.  Mais des prisonniers politiques qui n’ont pas choisi les armes pour s’exprimer sont exclus de la liste des bénéficiaires. Or, l’ex-M23 vient, par le biais de cette nouvelle loi, d’obtenir ce qu’il a perdu par la guerre. Un véritable chèque à blanc.

Loin de cimenter la cohésion nationale comme on la commente dans certains milieux politiques, la loi d’amnistie risque de créer une jurisprudence qui consacre désormais le règne de l’impunité. Rien de surprenant quand on sait que la RDC est habituée à accorder depuis l’accord global et inclusif de 2003 une prime de guerre à ceux qui tuent, pillent et violent sur son sol.

Accusé de graves crimes commis dans l’Est, pendant tout le temps de son occupation,  l’ex-M23 vient de recevoir un visa en bonne et due forme pour un retour à la vie normale au milieu des ceux-là même qu’il a violentés, violés et martyrisés il y a peu. C’est ce qui ressort de la loi d’amnistie votée au Parlement récemment et promulguée le mardi 11 février 2014 par le président de la République. Elle couvre la période du 18 février 2006 au 20 décembre 2013.

Ainsi, des criminels tels que les Enyele à l’Equateur, les hommes de Faustin Munene et les adeptes de Bundu dia Kongo dans le Bas-Congo sont également éligibles à l’amnistie. Avec cette particularité que tous les candidats au statut d’amnistiable devront le faire individuellement avant de prendre par écrit l’engagement de ne plus retomber dans les faits pour lesquels ils sollicitent l’amnistie.

Selon certains observateurs, cette procédure pourrait poser problème au niveau de l’application effective de cette loi d’amnistie. Ceux-ci sont d’avis que certains candidats pourraient éprouver des difficultés réelles à se faire accepter pour la bonne et simple raison que l’on pourrait trouver des poux sur leurs têtes.

Nombreux sont ceux qui estiment que le médaillé d’or de cette amnistie est le M23 du fait qu’il jouit des faveurs de l’accord signé à Nairobi au terme des pourparlers directs de Kampala. Du coup, tous les actes commis par le M23, classés autrefois dans la catégorie des crimes de guerre passables des sanctions autant devant les juridictions nationales qu’internationales, sont mués en simples faits de guerre ou insurrectionnels, rendant leurs auteurs éligibles à l’amnistie. 

Au Rwanda, les auteurs du génocide de 1994 sont toujours poursuivis. La communauté internationale,  qui parraine cette initiative, ne s’est jamais empressée de pousser ce pays à adopter une quelconque loi d’amnistie pour oublier les crimes commis sur son sol.

Ce qui n’est pas le cas de la RDC où des lois d’amnistie se sont succédé pour passer l’éponge sur ces pages noires de l’histoire de la RDC.

Cela depuis la guerre de libération de 1996, suivie des rebellions successives de 1998 jusqu’à celle menée par le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), poursuivie par la suite par le M23.

Le premier pas dans ce sens a été fait en 2003 avec l’accord global et inclusif sanctionné par le dialogue intercongolais de Sun City (Afrique du Sud). La même expérience sera rééditée en 2009 avec l’accord conclu le 23 mars à Goma, d’où naîtra d’ailleurs l’ex-M23 en 2012.

En RDC, à chaque rébellion correspond une loi d’amnistie. Pressé par la communauté internationale et poussé dans ses derniers retranchements par les pays signataires de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, la RDC n’a pas eu de coudées franches. Elle a donc fini par céder en accordant une prime de guerre au dernier des Frankestein.

« A l’exception d’un petit groupe d’une centaine d’individus, les 1600 membres du M23, signalés en Ouganda, et des centaines d’autres ayant fui au Rwanda, selon les autorités des deux pays, devraient revenir sereinement au Congo et « parader » au milieu des populations qu’ils ont martyrisées 19 mois durant », rappelle   Boniface Musavuli (lire en page 3).

UNE JUSTICE A GEOMETRIE VARIABLE

Pourquoi exige-t-on toujours de la RDC ce qu’on ne réclame pas ailleurs ? Pourquoi donc cette politique de deux poids deux mesures ? Est-ce par le fait de la faiblesse dont fait preuve la RDC ?  Autant de questions sur lesquelles les autorités congolaises devraient se prononcer. Ne serait-ce que pour rassurer le peuple congolais qui, médusé, ne sait plus de quel côté trouver refuge.

Car, comment comprendre que des gens qui ont tué, massacré et violé soient du coup gracié au nom d’une amnistie, bâtie sur les impératifs de la cohésion nationale. Non ! Cette injustice a trop duré. Il est temps d’y mettre fin.

Même si la communauté internationale voit dans la loi d’amnistie une contribution à « une paix durable » dans l’Est congolais et exhorte « tous les groupes armés » à saisir l’occasion « pour déposer leurs armes », dans l’opinion congolaise, la nouvelle loi  est accueillie, à l’instar du Réseau national des ONG des droits de l’Homme de la RDC (Rhenadoc),  « avec déception et regrets ».

Dans un pays comme la RDC caractérisée par le recyclage dans la vie politique d’anciens rebelles ayant bénéficié de « plusieurs décennies d’impunité », la nouvelle loi d’amnistie consacre à tout point de vue « la banalisation des crimes et autres graves violations des droits de l’Homme », commis par toutes sortes de milices depuis 2006. Elle fait la part belle, dans tous ses compartiments, au M23.

Vu sous cet angle, tous les potentiels seigneurs de guerre peuvent se pourlécher les babines et se dire que les crimes en RDC élèvent et enrichissent leurs auteurs. La quarantaine de groupes et milices armés qui continuent à pulluler dans l’Est, se tassent et attendent leur tour. Car, au bout du tunnel se trouve rivée la grâce nationale par voie d’amnistie.

TERMES ET ESPRIT DE LA LOI D’AMNISTIE

S’appliquant aux auteurs d’infractions commises en République démocratique du Congo par les Congolais résidant au pays ou à l’étranger entre 18 février 2006 et 20 décembre 2013, dans les termes de la nouvelle loi, l’amnistie « ne s’applique pas aux auteurs de crimes graves et/ou imprescriptibles au regard tant du droit national qu’international ».

Sont également exclus de son champ d’application, les crimes de génocide, crimes de guerre, crimes contre l’humanité, les infractions de trahison, d’assassinat, de meurtre, de vol à main armée, d’association de malfaiteurs, de détournement de deniers publics, les infractions à la réglementation de change, trafic des stupéfiants, enrôlement d’enfants soldats, viols et violences sexuelles.

L’amnistie pour « infractions politiques » découle d’une promesse faite mi-octobre 2013 par le président Kabila, mais bon nombre d’opposants politiques ne pourront en bénéficier, car ils sont emprisonnés sous d’autres chefs d’accusation ; une disposition que le législateur n’a pas jugé utile d’intégrer dans le champ d’application de la nouvelle loi.

Kinshasa, 14/02/2014 (Le Potential via Aucongo)

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L'envoyée spéciale des Nations unies dans la région des Grands Lacs, Mary Robinson, a débuté mercredi à Kinshasa une tournée régionale en RDC, en Angola et au Rwanda. Celle-ci vise à travailler à la mise en œuvre de l'accord-cadre d'Addis Abeba de février 2013.

"Du 12 au 19 février, Mary Robinson se rendra dans plusieurs pays de la région (...) - dont la RDC, l'Angola et le Rwanda - afin de pousser plus avant la mise en œuvre de l'accord-cadre de paix d'Addis-Abeba", a indiqué un communiqué de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco), mercredi 12 février.

En RDC, l'ancienne présidente irlandaise et haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, aujourd'hui envoyée spéciale des Nations unies dans la région des Grands Lacs, rencontrera "des responsables du gouvernement, les représentants du secteur privé, des partenaires internationaux, des responsables de la communauté des donateurs, ainsi que ceux des organisations de la société civile", ajoute le document de la Monusco.

"Le défi est de consolider"

L'accord-cadre d'Addis-Abeba a été signé par onze pays africains. Il a été paraphé, fin février 2013, notamment par le Rwanda et l'Ouganda, tous deux accusés par l'ONU d'avoir soutenu la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23), qui a capitulé le 5 novembre.

Les signataires se sont engagés à ne pas soutenir les groupes armés de l'est de la RDC et, le 16 janvier, l'armée congolaise a lancé une opération qui doit cibler notamment les FDLR et les rebelles ougandais des Alliance des forces démocratiques et de l'Armée nationale pour la libération de l'Ouganda (ADF-Nalu).

"Il y a eu, au niveau de la stabilisation, au niveau du développement, des progrès énormes en 2013 (...) Le défi pour 2014 est maintenant de consolider tout cela, de faire en sorte que les engagements pris soient mis en œuvre", a insisté mercredi le coordinateur principal de l'Union européenne pour les Grands Lacs, Koen Vervaeke.

Kinshasa, 13/02/2014 (Jeuneafrique via Aucongo)

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