Kinshasa - RD Congo : lundi, 18 novembre 2019 -

Information continue en RD Congo et dans le monde

Faune et Flore
Google se réorganise et devient «Alphabet» : 
Ne dites plus Google mais « Alphabet ». Toutes les sociétés du géant des nouvelles technologies seront désormais représentées sous ce nouveau nom. Alphabet devient la « maison-mère » de toutes les activités de l'entreprise américaine. L'objectif affiché de ses dirigeants est d'être plus transparents et plus inventifs. Avec notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio Lorsque Google devient « Alphabet », les fées de la finance se penchent sur le berceau de la nouvelle entité. Ce changement de nom marque une restructuration du géant des nouvelles technologies. Le monde entier connaît le moteur de recherche, la messagerie Gmail ou encore la pateforme de vidéos YouTube. Mais la société se diversifie en permanence avec certains produits que l'on n'associe pas forcément à Google, comme Calico qui travaille sur des médicaments contre le vieillissement ou la recherche contre le cancer. La dernière innovation du géant internet américain, la Google Car, la voiture sans chauffeur, est expérimentée en ce moment aux Etats-Unis. La Bourse salue cette annonce Google est donc une société en permanente évolution, et qui craignait de perdre en visibilité. C'est ainsi, expliquent les fondateurs, que l'idée d'Alphabet est née. L'objectif affiché de la direction en Californie est la transparence, qui doit permettre de rassurer le monde de la finance et d'attirer les investisseurs. C'est manifestement pari gagné. Car si cette annonce-surprise a été faite, comme c'est la tradition, à la fermeture de Wall Street lundi, le titre Google a bondi de plus de 7% après la clôture. Le nouveau Google conservera notamment le moteur de recherche, les activités publicitaires, YouTube, le système d'exploitation mobile Android, les cartes Maps ou encore Gmail. Les activités annexes, plus éloignées de son cœur de métier comme Calico ou Nest (objets connectés), seront elles regroupées au sein d'Alphabet. La holding Alphabet sera dirigée par Larry Page, le co-fondateur et directeur général actuel de Google qui cèdera sa place à l'actuel vice-président du groupe Sundar Pichai. Et elle sera cotée en Bourse en lieu et place de Google. Avec RFI.fr
(mardi 11 aot 2015.)
Le titulaire d'un compte Facebook peut désormais choisir un e-héritier : 
Facebook annonce ce 12 février 2015 le déploiement d'une nouvelle fonction : celle-ci permet aux membres du réseau social de désigner une personne qui sera chargée de gérer leur compte après leur décès.   Cette fonction, Legacy Contact, n'est pour le moment accessible qu'aux Etats-Unis mais Facebook va la déployer petit à petit dans d'autres pays. Elle apparaît dans la partie sécurité des paramètres du compte et permet de choisir un contact qui « héritera » dudit compte. Cette personne peut être un membre de la famille ou un ami, peu importe. Une fois désignée, elle sera avertie par un message et devra donner, ou non, son accord.   Dès que Facebook sera averti du décès d'un de se membres, sa page sera transformée en mémorial et l'expression « Remembering » (en souvenir de) apparaîtra au-dessus du nom du titulaire du compte. Son contact désigné pourra alors y épingler un dernier message en haut de sa Timeline, accepter de nouvelles demandes « d'amis », mettre à jour les photos de profil et de couverture.   Il ne pourra en revanche pas se connecter comme le titulaire de la page et voir ses messages privés. Enfin, si le titulaire du compte l'y autorise, le contact « héritier » pourra aussi récupérer une archive de tout ce qui aura été partagé sur ce compte Facebook (photos, messages et contenu du profil).   Cette nouvelle possibilité s'ajoute à ce que proposait déjà Facebook : à savoir la suppression pure et simple du compte ou sa transformation en mémorial.   @01net.com
(jeudi 26 fvrier 2015.)
Microsoft Word et Powerpoint accessibles gratuitement depuis les mobiles : 
Microsoft a annoncé jeudi la mise à disposition gratuite sur les smartphones et tablettes d'une version allégée de ses produits vedettes, la suite Office regroupant le traitement de texte Word, le tableur Excel et les présentations PowerPoint. L'ouverture d'Office à l'écosystème du grand rival Apple avait été l'une des premières grandes ruptures imposées par le nouveau patron du groupe informatique américain, Satya Nadella: une application Office pour la tablette iPad avait été lancée fin mars. Payer pour des fonctionnalités élargies uniquement Son utilisation nécessitait toutefois jusqu'à présent le paiement d'un abonnement à Office 365, la version dématérialisée en ligne de la suite de bureautique.L'application mobile d'Office sera désormais utilisable gratuitement, même si Microsoft souligne dans l'un de ses blogs officiels que l'abonnement à Office 365 permettra d'accéder à «des fonctionnalités d'édition et de collaboration élargies, un stockage illimité sur OneDrive, une intégration avec (le service de stockage en ligne concurrent) Dropbox et une série d'autres avantages». Une version adaptée à l'iPhone L'abonnement reste également nécessaire pour utiliser les logiciels d'Office sur un ordinateur classique. Outre l'application pour iPad qui, selon Microsoft, a déjà été téléchargée plus de 40 millions de fois, une version adaptée à l'iPhone d'Apple est également lancée jeudi.Microsoft promet aussi pour l'an prochain une autre application Office pour les tablettes de diverses marques utilisant le système d'exploitation Android de Google, ainsi qu'une version optimisée pour son prochain système d'exploitation Windows 10. Plus d'un milliard d'utilisateurs Microsoft revendique plus d'un milliard d'utilisateurs dans le monde pour Office, qu'il vendait traditionnellement sur supports physiques (disquettes, puis CD) mais qu'il s'efforce de plus en plus de proposer sous forme d'abonnement en ligne (Office 365) car cela représente une source de revenus plus régulière (Avec 20minutes.fr)  
(samedi 08 novembre 2014.)
L'ambitieux projet anti-cancer de Google : 
Pour permettre de diagnostiquer le cancer avec précision, le géant internet américain Google a dévoilé mardi un nouveau projet de recherche. Il sera question pour une équipe de scientifiques d'étudier la possibilité d'utiliser les nanoparticules dans la détection de la maladie. "Les nanoparticules pourraient être ingérées sous la forme de comprimés afin de pénétrer dans le sang," explique la firme américaine dans une note de présentation du projet. "Elles seraient conçues pour repérer et se fixer sur un type particulier de cellules, comme les cellules tumorales." L'étape suivante, le diagnostic à proprement parler, consistera à associer les nanoparticules ingérées "à un objet connecté équipé de capteurs spéciaux". Selon les précisions de Google, différentes techniques de transmission non invasives, comme les ondes radio ou lumineuses, sont étudiées dans le cadre de la recherche. "Nous proposerons la technologie sous contrat de licence à des partenaires, afin qu'il développent des produits dont l'efficacité et la sécurité pourront être testés lors d'essais cliniques", indique encore le groupe américain. Le projet est piloté par "Google X", la branche du géant internet travaillant sur des projets futuristes comme les voitures sans chauffeur (Google Car), les lunettes interactives (Google Glass), ou le projet Loon utilisant des montgolfières comme relais internet. (Avec BBC)
(mardi 28 octobre 2014.)
Le nom de domaine "Ebola.com" vendu pour plus de 170 000 euros : 
Le malheur des uns fait le bonheur des autres. L'épidémie d'Ebola a permis aux propriétaires du nom du site internet Ebola.com de réaliser une belle opération financière en revendant leur nom de domaine pour plus de 200 000 dollars (170 000 euros), vendredi 24 octobre. Le vendeur du nom Ebola.com est l'entreprise Blue String Ventures, basée dans le Nevada, qui se décrit comme une société investissant dans des noms de domaine et de marques sur internet. L'acheteur est une société établie en Russie, appelée WeedGrowthFund, connue auparavant sous le nom de Ovation Research.  Le site Ebola.com contient des articles sur la maladie et des réponses aux questions les plus fréquentes sur la fièvre hémorragique qui a causé la mort de près de 4 900 personnes depuis le début de l'année. La société a déboursé 50 000 dollars (40 000 euros) en liquide, ainsi que 19 192 actions de la société Cannabis Sativa, qui promeut l'usage médical de la marijuana, pour un montant de près de 170 000 dollars (134 000 euros). Les raisons derrière la vente du nom de domaine ne sont pas connues, mais le patron de Cannabis Sativa, l'ancien gouverneur du Nouveau-Mexique GaryJohnson, a déclaré publiquement penser que le cannabis pourrait être utile dans les traitements pour soigner le virus de la fièvre hémorragique. (Avec francetvinfo)
(samedi 25 octobre 2014.)
lundi, 09 juin 2014 10:49

Transfert de l’eau du Fleuve Congo au Lac Tchad : nouvelles observations pertinentes

Écrit par  La rédaction
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Nous avons publié dans les colonnes du Journal Le Phare du 26 au 27 Mai 2014 notre analyse du projet de transfert d’eau du bassin du Congo au Lac Tchad. Nous voudrons présenter un petit rectificatif suite à une réaction quasi virulente à notre endroit de la part de M. Lawrence Freeman, Dir. Africa Desk, EIR Journal (EIR=Executive Intelligence Review. LaRouche Publications), un des lobbies du projet Transaqua.
 
En effet, M. Freeman, en dehors de quelques amalgames délibérément formulés pour nous discréditer et porter atteinte à l’équipe du ‘’Projet Congo’’ (dont certains membres sont de hautes personnalités scientifiques mondialement connues) qui fait l’inventaire de la biodiversité des poissons d’eau douce du cours inférieur du fleuve Congo, nous a appris que le projet Transaqua (identifié T1 et T2) dans notre analyse et le projet de transfert d’eau de la rivière Oubangui vers le Lac Tchad (identifié T3 dans notre analyse) sont deux projets distincts.
 
Malgré cette différence dans leur localisation, il convient de noter la convergence de leurs objectifs, leur finalité et leurs termes de référence: transférer l’eau par un canal au fleuve Chari qui l’acheminera à son tour au Lac Tchad, développer la navigation sur le nouveau canal, le fleuve Chari et le Lac Tchad, créer des zones multifonctionnelles, développer l’agriculture par irrigation et construire des centrales hydroélectriques et des axes routiers, etc.
 
Quel que soit le projet envisagé dans sa localisation (voir les figures publiées dans mon analyse), mes puissantes observations, suggestions et conclusions demeurent valides du point de vue des intérêts de la R.D. Congo, de sa population et de ses besoins immédiats et futurs.
 
Nous avons également lu dans les colonnes du Journal Le Phare du 03 Juin 2014 un article de NKK (non autrement identifié), hydrogéologue et membre du Laboratoire d’Aménagements Hydrauliques de la Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université de Kinshasa. Nous avons été consterné par le contenu de cet article qui vient malheureusement confirmer l’une de nos inquiétudes faites dans notre analyse à savoir le Congo doit juguler non seulement les menaces extérieures mais aussi les menaces internes.
 
Ci-dessous notre analyse de cet article qui transpire la naïveté et l’absence d’une vision globale de la problématique de l’eau. Pour des raisons de cohérence, notre analyse ne portera que sur le sujet de l’heure, à savoir le Transfert de l’eau du bassin du Congo vers le bassin du Lac Tchad.
 
Invitation au sens civique et patriotique pour la protection des intérêts de notre pays
 
Notre analyse ci-dessous n’est pas une invitation à une polémique stérile comme nous en sommes malheureusement et souvent capables en tant que communauté.
 
C’est plutôt une invitation à toutes les filles et tous les fils du Congo (Hydrologues, Climatologues, Sociologues, Agronomes, Ingénieurs forestiers, spécialistes de la biodiversité, Politologues, Économistes, Juristes environnementalistes, Juristes constitutionalistes, Éducateurs, ONG du secteur de l’environnement, Opérateurs économiques, Journalistes et Vulgarisateurs communautaires, Chefs coutumiers, etc.) pour unir nos compétences respectives afin de protéger les intérêts de la R.D. Congo et de notre peuple.
 
Nous tirer dans les pieds les uns les autres ou publier ce genre de texte pour semer inutilement la confusion dans l’esprit des Congolais ne peut que faire le bonheur de ceux qui convoitent nos ressources naturelles, en l’occurrence nos ressources en eau.
 
TRANSFERT DE L’EAU VERS LE BASSIN DU LAC TCHAD
 
1. Éléments constitutifs de la demande
 
Sous ce titre, NKK reprend presque textuellement le paragraphe portant sur l’aperçu historique de notre propre analyse. Il aurait pu tout simplement y faire référence comme d’habitude en Sciences.
 
2. Éléments scientifiques préliminaires de la faisabilité
 
Sous ce titre, NKK parle «d’éléments scientifiques» alors qu’il n’en donne qu’un seul, à savoir la variation des débits moyens du fleuve Congo à Kinshasa enregistrés sur 82 ans. Il ne donne aucune source de ces données ni à quelles stations du fleuve Congo à Kinshasa elles ont été enregistrées.
 
Première observation :
 
Dans la quasi-totalité des mémoires de fin d’études que nous avions dirigés sur le Pool Malebo, de Kinsuka à N’Sele, nous avions fait le constat suivant : toutes les données disponibles dans ce domaine montrent un gap de 1960 à 1966 suite à l’abandon de différents services techniques de l’État à cause des troubles qui avaient suivi l’indépendance du pays, puis de 1984-1990 suite à l’absence ou au sous-financement par l’État zaïrois des différents services hydrauliques et météorologiques (Cfr. la triste histoire du Centre Météo de Binza et de la R.V.F.).
 
Nous nous demandons comment NKK a-t-il pu réunir d’une manière continue, des données sur 82 ans, soit approximativement de 1930 à 2014 ou de 1920 à 2002.
 
Deuxième observation :
 
Le graphique qui appuie ces prétendus «Éléments scientifiques préliminaires de la faisabilité» qui plaideraient pour un transfert d’eau au Lac Tchad a été réalisé sur des données prélevées à Kinshasa. Or, les régions concernées par le détournement de l’eau sont respectivement dans le nord-ouest (projet Oubangui) et dans l’Est-Nord-Est pour le projet Transaqua. Il y a certainement un vice dans l’extrapolation de ces données.
 
Troisième observation :
 
NKK, hydrogéologue, aurait pu, pour donner un certain crédit scientifique à son analyse, nous proposer un algorithme mathématique intégrant plusieurs paramètres notamment les variations climatiques, les variations des précipitations, le facteur sociologique, le facteur démographique, le facteur biodiversité, le facteur économique, le facteur coût environnemental, etc. Or, ces nombreuses dimensions sont complètement ignorées dans ce qu’il appelle «Éléments scientifiques préliminaires de la faisabilité».
 
Aujourd’hui, en 2014, il est impensable que l’on puisse soutenir un projet quelconque de développement qui n’intègre pas la dimension environnementale ni ses conséquences sur l’économie, l’espace territorial, la population, sa sécurité, sa biodiversité, etc. C’est pour cette raison que nous avons parlé de l’absence d’une vision globale de la problématique du transfert de l’eau du bassin du Congo vers le Lac Tchad. Cet auteur n’a même pas jugé bon de faire appel aux nombreux experts scientifiques dont regorge son université.
 
S’agit-il d’une simple omission ou a-t-il cru que la vision de son laboratoire était suffisante pour se passer de toutes les expertises nationales disponibles sur le campus et concernées par ce sujet ?
 
Quatrième observation :
 
NKK avance ensuite que ‘’…par le jeu des saisons, le fleuve perd annuellement de lui-même 24 995 m3/s. Nous pouvons arrondir à 25 mille mètres cubes par seconde, cette perte naturelle d’eau qui a lieu entre décembre et août de l’année suivante. Si cette perte naturelle ne pose pas de problèmes, pourquoi il y a des gens qui pensent qu’un prélèvement pour transfert de 3 000 m3/s, soit 8 fois moins que la perte naturelle, causerait des problèmes insolubles ? Est-ce l’ignorance de l’hydrologie du fleuve Congo ?’’ Nous ne sommes pas le seul à avoir remarqué cette comparaison inappropriée.
 
NKK compare les pertes annuelles de 24 995 m3/s aux prélèvements bruts de 3 000 m3/s. Nous rappelons ici que le projet Transaqua prévoit prélever ± 3 200 m3/sec, soit un volume annuel estimé à 100 milliards de m3 d’eau ! Aux Congolais de répondre aux deux questions posées par NKK et tirer une conclusion.
 
Cinquième observation :
 
NKK affirme. ‘’…qu’en ce qui concerne la quantité demandée, le problème qui se pose est de savoir déterminer où et quand effectuer ce transfert’’. On peut relever encore une lacune ici. NKK a oublié que ces deux projets ont été élaborés ailleurs et que les Congolais n’y ont pas été associés. Donc, ils ne peuvent décider ni de la quantité d’eau à prélever, ni du lieu de prélèvement et encore moins du moment. Tout est sous-contrôle des initiateurs qui tentent de vendre leurs projets aux Congolais.
 
Sixième observation :
 
NKK nous informe que :’’Le Laboratoire d’Aménagements Hydrauliques de la Faculté des Sciences Agronomiques de l’UNIKIN propose de creuser un tunnel pour traverser la chaîne de montagne culminant à 600 m d’altitude qui sépare le bassin du Congo du bassin du Lac Tchad’’. Il ne donne aucune référence de cette déclaration qui engage pourtant tous les membres de ce laboratoire. L’auteur est-il en mesure de dire au peuple congolais si son laboratoire a été associé de quelque manière que ce soit, et à quel titre, aux études de faisabilité du projet d’Oubangui alors que le Ministre de l’Environnement a déclaré lui-même tout ignorer des derniers développements dudit projet ?
 
Septième observation :
 
NKK souligne que :’’… Le transfert de l’eau vers le bassin du lac Tchad y augmentera l’évapotranspiration et peut-être, la retombée de ces vapeurs sous forme de l’eau de pluie après condensation dans l’atmosphère’’. Nous rappelons que l’un des facteurs incriminés dans la perte d’eau du Lac Tchad est justement la grande évaporation dans la région. Ignorer ce facteur et envoyer par entêtement de l’eau au Lac Tchad ne résoudra malheureusement pas les problèmes de ce Lac.
 
Nous avons donné deux exemples dans notre analyse notamment la perte d’eau par évaporation au lac de retenue du barrage du Logone et celle du lac de retenue du barrage d’Assouan. Il faut savoir que dans ces régions extrêmement chaudes, l’eau perdue par évaporation ne se condense pas en nuages pour donner de la pluie. Ces deux exemples sont devenus classiques aujourd’hui. Quelle leçon les Africains doivent-ils en tirer ?
 
Huitième observation :
 
Enfin, pour clore son paragraphe sur ‘’les Éléments scientifiques préliminaires de la faisabilité’’, NKK entre dans le domaine des suppositions : ‘’Si la pluie augmente sur le bassin du lac Tchad, cela pourrait arrêter ou ralentir l’avancée du désert de Sahara vers notre pays où on observe déjà des phénomènes de sécheresse dans certaines parties du Nord, en Ituri, par exemple ; on note aussi une baisse continue des niveaux de certains cours d’eau et des lacs du pays’’.
 
Si les études d’Hydrologie de NKK ont mis en évidence l’avancée du désert vers la R.D. Congo, particulièrement en Ituri, zone qui sera touchée par le canal du projet Transaqua, il y a donc lieu de s’inquiéter de l’attitude de nos compatriotes qui sont favorables à ce projet. Seraient-ils donc favorables à sacrifier les populations de l’Ituri pour sauver celles du bassin du Lac Tchad ? Il y a ici une vue biaisée de la problématique.
 
C’est pourquoi nous avons suggéré dans notre analyse que les experts congolais fassent d’abord l’inventaire des besoins en eau actuels et futurs de toute notre population et de nos industries minières et de transformation présentes et à venir avant de s’embarquer dans les projets mirobolants de transfert d’eau vers l’étranger.
 
3. Les aspects politiques (et juridiques) de la problématique
 
Nous laissons l’analyse de cette partie aux analystes politiques et aux juristes. Nous voudrons juste relever que les arguments développés ici ignorent les lois internationales, la constitution nationale, et plus grave, ignorent que la R.D. Congo, comme tous les pays du monde, a le droit et le devoir légitimes de se doter d’une armée, capable de défendre en toutes circonstances les intérêts du pays et de sa population. A suivre NKK, c’est comme si la RDC devrait ouvrir ses ressources naturelles à l’exploitation de tous les prédateurs, sous peine de laisser ces derniers l’attaquer impunément en cas de refus ou de résistance de sa part.
 
Quel fatalisme? Si tel était vraiment le cas, pourquoi alors tous ces pays riverains du Lac Tchad ainsi que leurs partenaires occidentaux tiennent-ils tant à obtenir l’autorisation de la R.D. Congo pour la réalisation de ce projet au lieu d’utiliser carrément la force ou de capter l’eau convoitée en des points situés hors de son territoire?
 
4. Considérations économiques rudimentaires
 
Dans ce paragraphe, NKK donne les retombées financières de l’opération de transfert de l’eau vers le Lac Tchad.
 
‘’L’eau brûte coûte 0,5 US$ le mètre cube. Transférer 3000 m3/s rapporterait un chiffre d’affaire de 1500 US$ par seconde ; soit 47,3 milliards des dollars américains par an.’’ Encore une fois, l’auteur ne donne aucune référence.
 
Tout celui qui a lu attentivement notre analyse, la question financière n’est abordée nulle part dans les deux projets. Il s’agit dans chacun des deux projets d’un transfert d’eau du bassin du Congo vers le Lac Tchad sans compensation, la R.D. Congo devant se contenter des retombées économiques hypothétiques qui découleraient de la vente de l’hydroélectricité, de la navigation sur le canal, de la vente des produits agricoles dans les zones d’irrigation, et surprenant, de la considération sur le plan international, etc.
 
Naïveté ou rêverie sur la place publique ? D’où viendront les 47,3 milliards de $US/an quand on sait qu’aucun pays membre de la CBLT n’est en mesure de sortir chaque année une telle somme ? Ils sont tous fortement endettés et peinent à s’acquitter de leurs obligations au sein de la CBLT et à résoudre les simples problèmes de police au sein de leurs États respectifs ? Ceux qui financeront le projet Transaqua viendront pour se remplir les poches (Business is business) et non pas pour remplir les caisses de l’État Congolais.
 
Aujourd’hui, en 2014, il est aussi impensable de trouver encore des Congolais qui pensent que la Communauté internationale, cette nébuleuse, serait une sorte d’oeuvre philanthropique qui versera annuellement une telle somme à l’État congolais ! Les économistes intéressés à éplucher les aspects financiers de ce problème pourront fixer les idées de leurs concitoyens.
 
Conclusion
 
Nous avons passé en revue la publication de NKK dans le Journal Le Phare du 03 Juin 2014. Nous nous demandons encore son but réel : défendre les intérêts de la R.D. Congo ou soutenir les projets, élaborés ailleurs, de transfert d’eau du bassin du Congo vers les bassins voisins?
Comme nous venons de le démontrer, il n’y a rien de scientifique dans ses ‘’Éléments scientifiques préliminaires de la faisabilité’’ qui puisse éclairer et rassurer la population congolaise et les décideurs sur la question du transfert de l’eau du bassin du Congo vers le Lac Tchad.
 
Quant à ses ’’considérations économiques rudimentaires’’, elles sont non seulement irréalistes mais elles ne figurent pas à l’agenda des initiateurs de deux projets de transfert d’eau du bassin du Congo vers le Lac Tchad. Nous nous demandons encore l’origine de ces retombées financières.
Quant aux ‘’aspects politiques (et juridiques) de la problématique’’, nous aimerions reprendre ici les articles 63 et 214 (Alinéa 2) de la Constitution nationale évoqués avec pertinence dans le Phare du 3 juin 2014 sous la plume du Juriste et Criminologue J.B. Kongolo :
 
Article 63 :
 
« Tout Congolais a le droit et le devoir sacré de défendre le pays et son intégrité territoriale face à une menace ou une agression extérieure.
 
Un service militaire peut être instauré dans les conditions fixées par la loi.
 
Toute autorité nationale, provinciale ou coutumière a le devoir de sauvegarder l’unité de la République et l’intégrité de son territoire, sous peine de haute trahison. »
 
Article 214 (alinéa 2) :
 
« Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n’est valable sans l’accord du peuple congolais consulté par voie de référendum ».
 
Convaincu des avantages du choc des idées, nous restons ouvert au débat en invitant d’autres experts et professionnels nationaux de nous joindre dans ce débat sur l’avenir de notre pays. Quant à NKK, nous souhaitons qu’il sorte de l’anonymat en dévoilant clairement son identité et en disant courageusement au peuple congolais par quel organe de l’État et en quelles circonstances la R.D. Congo aurait donné l’autorisation, depuis 2005, à la réalisation de ce projet.
 
Kinshasa, le 09/06/2014 (Le Phare via Aucongo)

 

 

 

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Kinshasa - RD Congo : 18 novembre 2019.

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